[Film] Cyberbully, de Ben Chanan (2015)

Un cyberstalker fait chanter une adolescente en la menaçant de poster ses photos dénudées si elle ne lui obéit pas.


Avis de Rick :
Le cyberbullying, c’est à la mode. Oui, cette pratique arrivée avec internet et dont on entend beaucoup trop parler, on en trouve un peu partout au cinéma. Même le cinéma d’horreur s’est lancé dedans, pas forcément de manière glorieuse, puisqu’on retiendra le long et fastidieux Unfriended ou le bancal et abusant des jumpscares Friend Request. Cyberbully lui ne part pas dans le cinéma horrifique, préfère traiter son sujet de manière réaliste, et n’est qu’un téléfilm anglais de 1h02. Et malgré tout ça, sait se faire beaucoup plus efficace que les deux films cités, bien qu’abusant également à certains moments de grosses ficelles. Il nous raconte l’histoire d’une jeune adolescente anglaise, Casey, jouée par Maisie Williams (Game of Thrones, iBoy), pas forcément bien dans sa peau, et qui se voit donner par un inconnu la possibilité de se venger de quelqu’un en piratant son compte twitter. Ce qu’elle ignore, c’est qu’en réalité, son « sauveur » inconnu n’est pas là pour l’aider, mais en a en réalité après elle. Un postulat simple, un lieu unique (la chambre de Casey), seulement deux actrices et quelques voix, et le tour est joué. Le premier bon point, c’est que le film, enfin téléfilm, malgré son lieu unique, sa courte durée et ses deux actrices apparentes, parvient à intéresser et maintenir son suspense. Son message n’est pas nouveau, sa manière de faire est un peu simple pour faire réaliser ses actions au personnage principal, il utilise parfois des artifices faciles (oui, moi aussi on me met Mad World sur une vidéo triste et je chiale), mais il ne tente jamais d’aller trop dans le mélodrame appuyé, et il bénéficie d’une narration fluide, d’une mise en scène qui n’en fait jamais trop, et surtout du talent de Maisie Williams dans le rôle principal.

Il faut bien ça, puisque les autres acteurs sont effacés. Sa meilleure amie n’apparaît véritablement qu’au début, son père n’est qu’une voix derrière la porte, et son stalker n’est qu’une voix déformée sur son ordinateur. La jeune actrice est convaincante du début à la fin, autant lorsqu’elle s’énerve, refuse la réalité en face, déprime, ou encore se rend compte de ses actions. Elle rend son personnage crédible et le film prenant, on en vient à se demander comment l’on réagirait à sa place. Après soyons honnête, je ne pense pas que certains éléments du métrage sont très réalistes, comme la manière dont le mystérieux individu pirate en temps réel téléphone et ordinateur de la jeune Casey, mais le métrage sait se détourner de ce petit élément pour nous montrer à la place des faits. Le plus intéressant à mes yeux est bel et bien, outre la très solide interprétation de l’actrice, la manière dont le film montre le comportement général qui tourne en rond sur internet. Une personne est victime, son bourreau devient victime à son tour, et ainsi de suite, de manière plus tordue, plus violente, jusqu’à ce qu’au final, aucun de ces comportements ne soit acceptable. Et c’est bien là la force du métrage, nous montrer cela pendant 1h seulement, sans artifices inutiles, mais avec un bon rythme, et un personnage autant bourreau que victime. Une adolescente comme les autres au final donc.

LES PLUSLES MOINS
♥ Maisie Williams très convaincante
♥ Un métrage court et rythmé
♥ Plutôt pertinent
⊗ Certains éléments un peu faciles
note8
Un petit téléfilm sans grande prétention mais qui parvient à faire mieux que beaucoup de métrages traitant du même sujet. Cyberbully est efficace sans en faire trop.



Titre : Cyberbully

Année : 2015
Durée :
1h02
Origine :
Angleterre
Genre :
Thriller / Drame
Réalisation : 
Ben Chanan
Scénario : 
Ben Chanan et David Lobatto
Avec :
Maisie Williams, Elia Purnell, Wilson Haagens, Anthony Shuster et Haruka Abe

 Cyberbully (2015) on IMDb


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A propos de Rick

Grand fan de cinéma depuis son plus jeune âge et également réalisateur à ses heures perdues, Rick aime particulièrement le cinéma qui ose des choses, sort des sentiers battus, et se refuse la facilité. Homme de mauvais goût, il peut autant apprécier un film réalisé par Scorsese, Leone, Carpenter, Refn ou Cronenberg avant de plonger dans les films de Franco, Rollin ou Corman.

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