[Film] Brotherhood of Blades, de Lu Yang (2014)

Dynastie Ming, au cours des années 1620. L’Empire est au bord de l’effondrement. Dirigé par Wei Zhongxian “chef de la clique des Eunuques et chef des gardes du corps de l’empereur”, il sème le chaos pendant huit longues années jusqu’à la venue au pouvoir du jeune empereur qui s’empresse de priver Wei de tous ses privilèges. L’empereur décide alors de traquer Wei et les autres membres de la clique, tâche assignée à trois assassins royaux : Lu Jianxing, Shen Lian et Jin Yichuan. Ils ont chacun leurs désirs et rêvent d’une meilleure vie, et l’argent semble être la clé. Lorsque Wei est sur le point d’être capturé, celui-ci propose une grande fortune en échange de sa liberté…


Avis de Cherycok :
En pleine navigation sur la toile, le plus grand des hasards m’amène sur la bande annonce de Brotherhood of Blade II : The Infernal Battlefield, film chinois sortant le 11 aout prochain et dont le trailer annonce un wu xia pian des plus efficaces. « Mais c’est qu’il a l’air bien ton film là » s’interloque ma moitié qui s’était installée tranquillement sur le canapé à côté. « Tu ne m’avais pas montré la bande annonce du premier ? » ajoute-t-elle. Sapristi, elle dit vrai ! Et en plus, cela nous avait déjà donné envie de le voir. Il est donc venu le temps de regarder le premier opus, sorti en 2014, qui pourrissait dans un coin, au milieu de tout un tas d’autres films pour lesquels mon enthousiasme soudain, à la vue de la bande annonce, avait été éradiqué par une mémoire merdique préférant se souvenir de titres tels que Megashark vs Crocosaurus ou Planet of the Shark plutôt que de films ayant un réel potentiel. Car oui, même s’il est loin d’être parfait, Brotherhood of Blades vaut le détour.

Brotherhood of Blades est le troisième film de Lu Yang (My Spectacular Theatre), et pour son premier film d’arts martiaux, il décide de mettre les petits plats dans les grands. Il veut que son film ait de la gueule, et son film a sacrément de la gueule. Lu Yang soigne sa mise en scène, s’appliquant énormément sur la photographie, proposant des plans de toute beauté, et surtout des costumes qui envoient sacrément du lourd. Le film a d’ailleurs remporté un prix au 51ème Golden Horse Awards (l’équivalent des Oscars à Taïwan), celui des meilleurs costumes, et c’est mérité. Il s’emploie à utiliser le moins possible de CGI et grand bien lui en a pris quand on voit la qualité médiocre de ceux utilisés pour les giclées de sang lors des combats.
Les scènes d’action sont d’ailleurs assez nombreuses mais leur qualité est variable. Les chorégraphies de Sang Lin sont au final peu inspirées, même si tout à fait respectables et efficaces, et le réalisateur préfère placer des ralentis et autres effets stylisés pour leur donner un visuel clinquant. Certes, le visuel ne s’en retrouve que plus éclatant pour le néophyte mais l’amateur du genre grincera peut-être un peu des dents, d’autant plus que le montage est parfois un peu trop cut. Néanmoins, certains combats valent sincèrement le détour -celui dans la cour, celui chez les prostituées, celui chez le médecin-, principalement grâce à des combattants usant d’armes lourdes et brutales qu’on a peu l’habitude de voir dans les wu xia pians modernes : grosses chaines, épées à deux mains immenses, lances disproportionnées, …

L’histoire de Brotherhood of Blades est dans la plus pure tradition du genre, même si le réalisateur pousse le bouchon des complots / machinations / entourloupes relativement loin. Peut-être même trop loin puisqu’il risque de perdre en cours de route les spectateurs les moins concentrés. Néanmoins, la construction des personnages a été très soignée. Le film nous en apprend un peu plus sur chacun d’eux au fur et à mesure que le film avance lors des scènes plus calmes, plus posées, plus bavardes, nous permettant de nous attacher à eux malgré un coté pas tout à fait noir / pas tout à fait blanc. Le casting est d’ailleurs une des réussites de ce film, malgré le côté cabotin de certains, avec en tête de liste Chang Chen (Tigre et Dragon, The Grandmaster), Wang Qiuan-Yuan (The Piano in a Factory) et Nie Yuan (The Assassins, The Lost Bladesman). Mais à trop vouloir développer ses personnages, Lu Yang en fait parfois trop. Des bribes de flashback sont certes utiles pour qu’on puisse en apprendre plus, mais pourquoi mettre un flashback (même juste de 3 secondes) d’une scène qui vient de se passer il y a à peine 2 minutes ? Procédé, avouons-le, un peu étrange et pour cause, on vient de voir la scène, on s’en souvient forcément ! A l’inverse, il arrive lors de certaines séquences à faire preuve de génie, arrivant le temps d’une même scène à trouver le parfait équilibre entre une très forte émotion dramatique et une grande violence graphique.

LES PLUSLES MOINS
♥ Certains combats
♥ Le visuel
♥ Les personnages
⊗ Certains combats
⊗ Certains effets de style
Wu Xia Pian dans la plus pure tradition du genre, Brotherhood of Blades est un bon divertissement au visuel léché et aux personnages réussis. Espérons que sa suite qui sort prochainement soit au moins du même acabit.



Titre : Brotherhood of Blades / 绣春刀
Année : 2014
Durée : 1h51
Origine : Chine
Genre : Les trois mousquetaires
Réalisateur : Lu Yang
Scénario : Lu Yang, Chen Shu

Acteurs : Chang Chen, Cecilia Liu, Wang Qianyuan, Ethan Li, Nie Yuan, Chin Shi-Chieh, Ye Qing, Zhou Yiwei, Zhu Dan, Zhao Lixin, Ye Xiang-Ming

 Xiu chun dao (2014) on IMDb















A propos de Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n’ayant que peu d’atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.

2 Comments

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  1. C’est drole je me suis dis la meme chose que toi en voyant la BA du deux « He mais j’ai toujours pas vu le premier ».
    Tu m’as convaincu, en plus en ce moment je regardebplein de Shaw Brother ca va etre amusant de comparer un Wu Xia Pian actuel avec ceux des annees 70.

  2. C’est ca. Ne t’attends pas à un GRAND film, mais plutot un très chouette divertissement. Enfin, c’est comme ca que je l’ai ressenti, Iris a plus aimé que moi.

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