[Film] Another WolfCop, de Lowell Dean (2017)


Se déroulant un an après que Lou Garou, un officier de police porté sur la boisson, se voit transformé en Wolfcop lors d’une éclipse noire, ce dernier va reprendre du service dans la ville de Woodhaven où le mal semblait avoir été vaincu, afin de stopper Sydney Swallows, un homme d’affaires aux intentions maléfiques qui compte s’emparer de la petite ville en séduisant ses habitants avec un nouveau breuvage et une nouvelle équipe de hockey.


Avis de Cherycok :
En 2014 sortait WolfCop, une série B canadienne rendant hommage au cinéma d’horreur des années 80 ou en s’en moquant gentiment. Un film qui mêlait avec brio comédie et horreur, en jouant de manière décomplexée avec les stéréotypes les plus nanars de toutes ces bobines d’horreur qui ont inondé le marché il y a 30 ans de cela. Ce petit film déjanté est devenu totalement culte dans son pays d’origine et donc, comme l’annonçait le générique de fin, une suite fut très rapidement amorcée pour une sortie en 2015. Quelques déboires et autres soucis de production plus tard, ce n’est que fin 2017 que débarque enfin cette fameuse suite, intitulée Another WolfCop, et qui rien que par sa jaquette (un copié collé du Cobra de 1986 avec Sylvester Stallone), annonce immédiatement qu’il sera dans la continuité du premier opus, à savoir une série B déjantée qui ne se prend jamais au sérieux.

L’introduction du film met directement dans l’ambiance : du gore, un costume de loup-garou, le tout avec un ton bien comique sur fond de rock’n roll. Et tout à l’artisanale ! On prend la même formule, les mêmes acteurs, et on recommence. Mais du coup, commençons avec les choses qui fâchent: on sent rapidement que le film va un peu se reposer sur les bases qu’il a posées dans le premier Wolfcop. On perd cette fraicheur qui en faisait tout le charme. Sauf que ce que le film perd en charme, il le récupère en virant bien plus dans le grand n’importe quoi que le premier volet. On a droit pour le coup à des reptiloïdes, des hommes robots, un personnage à qui on a introduit un truc non identifié dans le corps par son anus, un loup-garou soigné avec de la poudre de morceau de lune ramené de la mission Apollo, un personnage qui fume de l’herbe en compagnie d’un humanoïde alien qui lui est sorti du ventre, quelques plans boobs pour la forme (obligatoires quand on rend hommage aux années 80) ou encore une femme-chat à 6 ou 8 seins (un par tétine). Et ce n’est là qu’un petit extrait du florilège de nawakitude du film dans lequel se glissent des hommages non pas à Hurlements (1981) de Joe Dante ou bien Alien (1979) de Ridley Scott et autres bobines cultes de notre jeunesse, mais bien à leurs copies lowcost qui ont fait les joies des vidéoclubs. Lowell Dean prend bien le soin d’injecter une dose de SF kitch à base de polymorphes sournois et de robots patauds. Another WolfCop est une comédie qui assume clairement ses excès.

Bien sûr, on n’est clairement pas ici dans du grand art. D’autant que les invraisemblances et autres faux-raccord sont, comme dans le premier opus, légions. Mais le film s’en fiche éperdument, et nous avec, car il ne cherche qu’à nous délivrer du fun, et il le fait bien, en partie grâce à de personnages bien barrés et second degré. Leo Fafard, reprend le rôle de ce flic branleur qui picole la journée et qui se transforme en loup-garou bourrin mangeur de donuts la nuit. Le méchant est incarné par Yannick Bisson, qui semble avoir trouvé ici un défouloir entre deux épisodes des Enquêtes de Murdoch et son rôle d’inspecteur un peu pincé du cul. Il y joue ici un homme d’affaires véreux et un peu excentrique qui veut dominer le monde. Sa méthode ? Créer une bière au poulet qui va en fait implanter dans le corps des alcooliques notoires de la petite ville de Woodhaven (toute la population donc) une sorte de parasite polymorphe qui grandira et sortira du ventre de ses victimes sous forme de marionnette du muppet-show. Ce sont de manière générale tous les seconds rôles qui sont funs. Certains reconnaitront d’ailleurs le réalisateur Kevin Smith (Clerks, Dogma) venu se greffer au casting alors qu’il faisait des repérages dans le coin pour un futur tournage.
Les nombreux gags sont essentiellement visuels, et même si le film ne provoque jamais de fous rires, on le regarde avec un smile jusqu’aux oreilles du début à la fin. Autre chose de très visuel, le gore. Ça gicle, ça charcute, ça coupe, ça démembre. Tout à l’ancienne, c’est pour ça que c’est bon. Lowell Dean a très bien compris qu’il vaut mieux un bon vieux mélange rougeâtre qu’on envoie à la gueule de ses acteurs que du sang numérique tout dégueulasse qui gicle maladroitement pour que le rendu à l’écran soit efficace.
A noter que le générique de fin nous annonce un troisième opus. Espérons qu’il ait moins de retard que celui-ci.

LES PLUSLES MOINS
♥ Les personnages
♥ Le gore qui tache
♥ Les hommages
⊗ Plus d’effet de surprise
⊗ Parfois trop nawak ?
Another Wolfcop, c’est un peu comme Wolfcop, la nouveauté en moins, mais le nawak en plus. Un film qui ne se prend jamais au sérieux et qui a pour mot d’ordre de donner au spectateur du fun. Et c’est plutôt réussi ! Ce n’est pas du grand cinéma, mais on s’amuse, c’est déjà ça non ?



Titre : Another Wolfcop
Année : 2017
Durée : 1h18
Origine : Canada
Genre : Aouuuuuuuuh !
Réalisateur : Lowell Dean
Scénario : Lowell Dean

Acteurs : Leo Fafard, Yannick Bisson, Amy Matysio, Jonathan Cherry, Serena Miller, Devery Jacobs, Kris Blackwell, Alden Adair, Warren Bates, Kevin Smith

 Another WolfCop (2017) on IMDb























A propos de Cherycok

Webmaster et homme à tout faire de DarkSideReviews. Fan de cinéma de manière générale, n'ayant que peu d'atomes crochus avec tous ces blockbusters ricains qui inondent les écrans, préférant se pencher sur le ciné US indé et le cinéma mondial. Aime parfois se détendre devant un bon gros nanar WTF ou un film de zombie parce que souvent, ça repose le cerveau.

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